Institut Ωsα IDEM-Yoga

OSA …En toutes choses, ose penser par toi-même.      

Introduction : A partir de cette fiche et lors des prochaines rencontres, nous vous proposons de découvrir (ou d’approfondir) la pratique du yoga. Principalement à travers le document de référence que sont les Yoga-Sutras*.

Cette approche sera essentiellement pratique, sous forme de questions simples. A chaque interrogation il sera proposé une réponse « opérationnelle ».

Il ne s’agit donc pas de suggérer une démarche théorique ou philosophique coupée des réalités ou bien encore une spéculation savante sur des choses subtiles. Ce n’est pas non plus une sorte de « catéchisme du yoga » ce qui serait le comble de l’absurdité.

Non, le premier objectif de ces études est de clarifier la pratique du yoga à la lumière du bon sens logique, de la véritable science et de l’expérience de toute une vie au service de l’enseignement du yoga.

Le second objectif est d’encourager la décision de celles et de ceux qui veulent vivre réellement l’expérience d’un yoga intégral. 

Qu’est ce que le yoga ? Le yoga est à la fois la démarche et l’aboutissement d’un long processus de transformation et de réalisation de la personne humaine (au plan physique, mental et spirituel). Ce processus de croissance exprime, d’une part, une maitrise relative puis de plus en plus efficace du mental et, d’autre part, une plus grande harmonie entre l’être et son environnement.

L’aboutissement de cette démarche est « l’état de Yoga ». Mais sans attendre cette situation à venir, la démarche elle même permet de mobiliser l’ensemble des ressources et des énergies nécessaires à une juste progression.

Il est capital de savoir que le yoga ne repose en rien sur une forme de croyance : le yoga est une expérimentation. C’est une école de vie consciente qui s’applique « sur le terrain », au jour le jour et en grandeur réelle. C’est par la pratique persévérante que se manifeste le perfectionnement. 

Pour qui est le yoga ? La démarche du yoga n’est pas réservée à une élite. Elle est bénéfique pour toute personne qui souhaite améliorer ses relations avec elle-même, avec ses proches et avec son environnement. A noter qu’il existe plusieurs voies dans le yoga. Chacune correspond à un centre d’intérêt particulier, à des compétences ou même aux différentes périodes de sa vie.

La forme de yoga enseignée dans nos cours est basée sur le yoga « classique » : les postures, mais aussi sur une synthèse élevée de méthodes plus avancées. Ce choix a pour raison une meilleure accessibilité pour le plus grand nombre.

Quand commence la progression dans le yoga ?  Cette progression commence naturellement « ici et maintenant » c'est-à-dire à l’instant physique et psychologique où une personne permet à sa conscience de s'ouvrir. Nous parlons alors « d’émergence de la conscience ». Cette ouverture au yoga peut être infime ou progressive, comme une toute petite étincelle. L’expérience montre que le yoga répond à des questionnements très profonds. Il semble même qu’il mette des mots justes sur des pensées intérieures jusqu’ici non clarifiées. 

Comment pouvons-nous commencer le yoga ? Chacun peut commencer la démarche du yoga à partir de sa situation présente. En effet nul ne peut partir que de là où il est ! Très concrètement, il  semble plus pratique de faires les premiers pas du yoga par « une prise de conscience corporelle ». C’est-à-dire le niveau le plus physique du ressenti. Pour cela l’élève est invité à pratiquer quelques exercices physiques, appelés postures ou asanas.

Ces postures ont pour effet de nous révéler nos difficultés, notre besoin de souplesse. Mais elles nous montrent aussi notre capacité de progression. Celle-ci est parfois lente, par paliers, comme si le corps se « souvenait » peu à peu.

 *Cette étude ne remplace pas la possibilité de lire en direct les Yoga Sutras de Patanjali !  Ils sont à votre disposition sous forme électronique (et gratuitement) sur simple demande à : ja.hourtal@gmail.com      

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Pourquoi commençons-nous le yoga par des exercices physiques ? Pour la simple et bonne raison que le yoga est essentiellement une expérimentation. En fait, le corps est le support matériel qui permet l’accès direct aux sens : la vue, l’ouïe, le tact, l’odorat et le goût. La confrontation avec notre physique nous permet de rester ancrés dans la réalité. Il est si facile de s’égarer dans des théories plus ou moins fumeuses ou sans fondement…Le yogi se doit d’être, avant tout un « observateur-vérificateur » sur pièce ! Par exemple, pour les asanas de cette année, nous avons mis l’accent sur trois priorités physiques :

-L’affermissement corporel

-L’assouplissement des muscles et tendons.

-L’amélioration du sens de l’équilibre.

D’une manière générale, la pratique physique entraine rapidement des effets positifs. C’est ainsi que la progression dans le yoga se mesure par des signes concrets : meilleure qualité du sommeil, sensation de « mieux habiter son corps », amélioration de la santé générale et… relation de plus en plus apaisée avec les autres…

 Le yoga se résume-t-il à l’aspect physique ? Bien sur que non, notre progression porte sur l’ensemble de la personne. En même temps que l’apprentissage de la maitrise corporelle, nous mettons en mouvement la totalité de nos facultés mentales.

En effet, la démarche du yoga est inséparable de la capacité à penser par soi-même ; de se désintoxiquer des discours tout faits et de la pensée unique.

Le cours de yoga devient ainsi un véritable espace de liberté et de réalisation personnelle.

Le but ultime du yoga est de créer les conditions d’une parfaite harmonie chez le pratiquant. Cet équilibre se fonde sur le meilleur fonctionnement du corps, sur un mental sain et sur l’émergence de la pleine conscience. Elle est le signe d’une ouverture vers la spiritualité. 

Peut-on préciser ce qu’est le mental ? Cette notion est très souvent employée dans le yoga. Dans notre expérimentation, nous découvrons que le mot mental recouvre un ensemble de facultés. Il convient de préciser de suite que le mental n’est pas notre réelle personnalité profonde et permanente. Cependant, le mental est une fonction qui assure un rôle important : celui de « centre de gestion ordinaire » de la personne.

La fonction mentale s’exprime dans un ensemble d’états psycho-mentaux. C'est-à-dire : les pensées, les sentiments, les émotions, les volontés mais aussi l’intellect, l'imagination et les mémoires. Le mental est aussi assimilé à la fonction du « moi-je » ou à « l’ego ». Il est "l'outil" par lequel plusieurs formes d’énergies se manifestent chez les humains. C'est aussi l'entrepôt des impressions, des représentations et des reflets des objets perçus ou conçus. Retenons que l’identification de la personne aux fluctuations incessantes de son mental est une énorme source de malentendus. 

Ceci dit, comment fonctionne le mental ? D’une manière rapide, disons que le mental est la fonction sensée organiser, dans le meilleur des cas, toutes les informations qui transitent par notre cerveau.

Pratiquement, le "mental" fonctionne comme un "filtre" qui colore habituellement notre monde (intérieur et extérieur) selon les humeurs du moment, les divers besoins, pulsions ou désirs et la culture du sujet.

Le mental naturel est donc soumis en permanence à diverses perturbations, à des variations, à des amplitudes différentes. Ces changements sont souvent générateurs de souffrances dues au fait que la personne est en résonnance avec les événements intérieurs et extérieurs influant sur le psychisme et le mental.

En même temps que la découverte de la sensibilité corporelle, la pratique du yoga consiste à pacifier le fonctionnement conscient et inconscient du mental. Cette démarche progressive facilite l’accès aux dimensions subtiles de l’être ainsi que les liens corps/mental/conscience.         

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Que signifie précisément la notion de « maitrise du mental » ? Il est important de revenir sur la « maîtrise du mental » et de préciser le sens exact de cette notion.

La maitrise signifie : la capacité à diriger, à conduire l’ensemble des facultés liées au mental. Ou encore : le contrôle conscient avec discernement de ces même facultés. En conséquence la maîtrise-contrôle est le contraire de l’idée de blocage, de violence et de contrainte forcée. Dans le yoga il n’est question que de liberté, de souplesse et de conscience. La capacité de maîtrise du mental est liée à celle du lâcher prise et à la gestion intelligente des énergies.

 Le yoga utilise-t-il d’autres méthodes pour gérer le physique et le mental ?

Bien entendu, la démarche du yoga est très complète puisqu’elle prend en compte la totalité de la personne humaine. Dans cette totalité nous incluons aussi les facultés endormies comme le sens de l’éthique qui procède de la conscience profonde. Celle-ci est appelée à émerger progressivement au cours de la pratique.

Dès le commencement de cette pratique, les exercices physiques sont accompagnés par des techniques respiratoires appelées « pranayama ». Le pranayama englobe toute une recherche de dynamisme, de détente ; mais aussi une recherche d’équilibre et la maitrise des  émotions.  Plus  une  personne  respire  correctement, profondément, plus elle se sent vivante.

Une autre méthode s’intègre naturellement dans nos séances. Il s’agit de la pratique de la relaxation profonde et de la méditation.

Elle permet un « lâcher prise » précieux pour la progression de l’élève. Celui-ci découvre alors un nouveau sentiment de liberté, une nouvelle capacité de penser et d’être soi-même.

La relaxation profonde ou Yoga Nidra a pour but de faciliter une détente physique, mentale et psychique par un lâcher-prise progressif. Il est surtout un incomparable correctif à l’hypertrophie mentale, à la  dépression mentale ou au stress.

 Quelle est la place de l’enseignement dans les cours de yoga ? Une partie du temps des séances est réservée à enseignement verbal, celui-ci peut prendre aussi la forme d’échanges. L’enseignement est une aide extérieure. Il permet, dans le meilleur des cas de « baliser le terrain », de « donner du grain à moudre  à l’élève». Sa fonction est d’inciter le débutant à réviser ses certitudes. Son objectif est de dépasser les bornes étroites du mental et de s’ouvrir à de nouvelles dimensions.

L’enseignant est simplement un être humain qui a un petit peu plus d’avance et d’expérience sur ses plus jeunes amis. Il ne dispose en aucun cas de prérogatives ou d’avantages. Son engagement dans la démarche du yoga fait simplement reposer sur lui une plus grande responsabilité.

 Les enseignants du yoga sont-ils payés ? Aussi surprenant que cela soit, les enseignants sont bénévoles. Ils ne perçoivent donc aucune rémunération ni pour les cours ni pour leur préparation. Les modestes cotisations servent, en partie, au fonctionnement des structures d’accueil, chauffage, assurances, déplacements etc.

Nous voulons ainsi témoigner de notre sincérité dans la démarche du yoga. En effet, nous considérons que le yoga tel que nous le vivons et l’enseignons n’est pas une marchandise. En conséquence le yoga ne peut ni se vendre ni s’acheter. Les enseignants sont des personnes dévouées, ou consacrées dans un sens laïc. Ils réalisent ainsi leur « mission de vie » et trouvent leur récompense dans la transmission désintéressée de l’enseignement du yoga. Les enseignants du yoga sont des êtres libres qui témoignent ainsi, sans ambigüité de la nature de leur engagement. Pour gagner leur vie, ils travaillent ou ont travaillé pour élever leurs enfants et pourvoir aux besoins de leur famille. Un fait doit être signalé, car il est vérifié par une longue expérience : les enseignants bénévoles n’ont jamais manqué de rien, tant sur le plan matériel que dans le domaine de la paix intérieure. Le fait de remplir sa mission est la source d’une profonde satisfaction. Bien entendu, tous les enseignants de yoga ne sont pas dans cette démarche de don gratuit de soi… (à suivre à la fiche 18)

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Quel est l’objectif idéal de la démarche du yoga ? L’objectif idéal du yoga n’est rien de moins que le perfectionnement de l’ensemble de la personne. L’état parfait est celui où la pleine conscience (parfois appelée Etre Intérieur) a pris sa pleine dimension. Ce processus continu consiste à devenir ce que l'on est potentiellement, c'est-à-dire devenir et habiter sa véritable nature. Il convient de préciser que le chercheur du yoga ne passe pas de l'erreur à la vérité. Il évolue à partir d'une conception et d’une pratique relative de la vérité à une pratique de la vérité plus élevée (nécessairement plus précise, exigeante mais sans œillères !) 

Yoga et religion ? L’étude faite dans les premiers mois de cette année devrait faciliter la compréhension de ce thème. Le yoga n’est pas basé sur une croyance, il ne peut donc être assimilé à aucune religion. Il ne s’embarrasse pas des mythes, ni des théologies et encore moins des rites ou d’une foi particulière. Cela signifie aussi que le yoga n’est pas contre les religions, il agit seulement à un autre niveau de conscience. Il participe à l’œuvre de libération des humains par la connaissance, la justice  et la paix.

Le centre d’intérêt du yoga peut sembler banal : celui d’être bien dans sa peau, d’être en harmonie, de vivre en paix avec soi et les autres. Le yoga est une découverte de soi, de son propre fonctionnement. Il s’occupe de « l’ici et maintenant » et non pas de spéculations sur d’autres mondes possibles. La position du yoga serait plutôt celle d’une sagesse pratique qui met l’accent sur une éthique de vie. Le yoga présente aussi toutes les caractéristiques d’une science car il recommande, non seulement d’oser penser par soi-même mais aussi de vérifier toutes choses  pour retenir ce qui est utile, juste et bon. Cette science du yoga s’ouvre ainsi sur une spiritualité libre et universelle.  En effet le yoga enseigne et incarne les valeurs du respect des autres, du bien commun, de l’éthique et de la non-violence.

Comment se prépare l’évolution vers une éthique du perfectionnement ? C’est ici que l’origine du mot « yoga » peut éclairer notre compréhension. Il s’agit d’un terme qui signifie « joindre, jonction ». On le retrouve dans le mot « joug », sorte d’instrument permettant à deux animaux de travailler ensemble. Ce mot apparait aussi dans « conjugal » qui est une autre forme d’attelage. Le sens principal du yoga est donc la jonction harmonieuse de plusieurs choses ou facultés en vue d’un objectif.

Appliquée à la personne dès la manifestation de l’élan de vie, l’évolution vers le perfectionnement s’exprime par l’apparition de différentes facultés :

-En premier lieu, celle du corps physique, rendu visible par la naissance. Le corps est le support des différents sens. Ceux-ci se mettent progressivement à fonctionner : l'odorat, le goût, l'ouïe, le tact, la vue.

-Ensuite apparait la conscience relative du « moi-je ou ego ». C’est  cette fonction multiple que le yoga désigne sous le terme générique de « mental ».

-Enfin vient l’émergence de l’Etre Intérieur. Il s’agit de la fonction diversement nommée : pleine conscience ; conscience profonde ou Soi. Cette émergence se réalise plus ou moins rapidement ou complètement, selon les cas.

Nous pouvons ainsi repérer trois niveaux de conscience :

-une conscience organique : c’est le soubassement qui sert de support matériel à la personne humaine.

-une conscience socialisée : elle résume l’ensemble des facultés permettant la vie mentale et relationnelle.

-la pleine conscience : elle est l’état  supérieur de l’Etre.

Comment se réalise ce progressif perfectionnement de la personne ? L’émergence de la conscience supérieure et son développement vers la pleine conscience qui permet à la personne de sortir du « bourbier mental ». Il se construit alors un fonctionnement harmonieux des différentes facultés physiques, mentales et spirituelles. La principale découverte et le changement essentiel consiste à ne plus identifier la personne aux fluctuations permanentes de son mental. Au delà des mots et des choses se trouve la liberté.

Réflexion sur le thème : Il n’y a pas de paix sans justice.

La paix, qu’elle soit personnelle ou collective, ne peut exister ou se maintenir en dehors d’une réelle justice.

Cette forme de justice s’exprime « ici et maintenant », il s’agit donc d’une justice au présent et objective. Elle se pratique dans la non-violence et témoigne ses liens avec la liberté, l’égalité et la fraternité.

A l’évidence, la justice au niveau d'une nation ne peut se fonder que sur un Etat de Droit qui s’applique à tous et à chacun : Elle ne considère ni la nationalité, l’origine sociale ou culturelle, l’appartenance à un groupe ethnique, religieux ou de pensée, quel que soit le sexe ou l’orientation sexuelle, l’âge, la couleur de la peau ou la fortune...

 Cette justice doit aussi prendre en compte le sentiment d’injustice engendré par les évènements du passé. Pour ce faire, il convient de connaitre et de reconnaître les violations de la justice enregistrées par l’Histoire des Hommes. Pour alléger les souffrances, il est indispensable de reconnaitre les faits y compris les moins glorieux. Mais cela n’est pas suffisant, à chaque niveau de responsabilité, il convient de réparer concrètement ce qui peut l’être, lorsque cela est possible. Dans le cas contraire, lorsque les victimes directes ont disparu, seule une reconnaissance officielle suivie d’une réparation symbolique peut soigner les nombreuses injustices du passé. Cette démarche est l’unique moyen de prévention de la reproduction et de la multiplication des potentielles injustices du futur.

 Certes, dans la recherche d’une paix fondée sur la justice, une place peut être réservée à la recherche et aux sanctions pour les responsables et les coupables. En effet, la recherche de la paix par des moyens non-violents n’a rien à voir avec la naïveté, bien au contraire, les Maîtres en la matière, Gandhi et Mandéla ont été de parfaits pragmatiques dans leurs actions et leurs résultats.

Ils ont compris, en leur temps, que la violence engendre la violence et que la revanche ou la vengeance (souvent confondue avec une forme mineure de la justice) ne peuvent en aucune manière devenir une finalité. La guérison de l’injustice s’inscrit nécessairement dans un difficile travail des consciences. Ce travail doit conduire les adversaires du moment à se parler, à s’écouter puis à trouver ensemble les justes compromis conduisant à une forme de respect… Les ennemis peuvent ainsi se transformer progressivement en partenaires et dans le meilleur des cas… accéder au pardon. Celui-ci devenant possible, seulement et uniquement après la cessation des dommages et le processus des réparations.

Reste la situation extrême des fanatiques idéologiques extrémistes et radicaux. Seule une réponse des Instances Internationales est à même de tempérer les troubles et refroidir les risques. L’usage mesuré de la force devrait être minutieusement pensé dans ses conséquences proches et lointaines.

 A l’échelle de l’Histoire et des Siècles, victimes et bourreaux sont tous des humains, la plupart emportés par la fermentation des injustices de toutes natures du passé. Le plus grand nombre des acteurs de l’injustice, même les plus ardents ont ignoré les ressorts profonds des conflits dans lesquels ils étaient enlisés.

Prenons quelques illustrations : La guerre Européenne de 1939-45 est, entre autres causes, l’une des conséquences du sentiment d’humiliation ressenti par l’Allemagne à la suite de la guerre de 1914-18. Cette dernière guerre était de son côté le « deuxième round » de la guerre de 1870 qui à son tour plongeait ses racines dans les aventures guerrières Napoléoniennes. Nous pourrions remonter toute l’histoire et vérifier le principe selon lequel « celui qui prend l’épée périra par l’épée ». La priorité n’est donc pas de savoir, comme dans les disputes des enfants en cour de récréation : « qui a raison ? » ou encore « qui a commencé ? ».

Ceux qui s’intéressent, même de loin, aux sentiments des Antillais ou des Afros - Américains d’aujourd’hui sont vite convaincus que l’épisode de l’esclavage, pourtant terminé « officiellement » voici 2 siècles est toujours présent. Les fantômes du passé hantent encore les cœurs et les esprits des vivants… pour combien de temps encore ?

Il n’est pas dans mon intention de faire ici une échelle de comparaison dans l’horreur entre les différents génocides aussi monstrueux que renouvelés :

-Celle des Amérindiens exterminés depuis le 16ième siècle, au temps de la conquête Hispanique, puis lors de la marche vers l’Ouest des USA.

-Celle des Aborigènes d’Australie, empoisonnés et assassinés par les colons blancs aux 19 et 20ième siècles

-Celle des Arméniens victimes du génocide au début du 20ième siècle (non reconnu par les autorités Turques)

-Ou encore celle de la Shoah, à la charnière de la moitié du 20ième siècle, avec les millions de victimes du nazisme, la plupart pour le seul motif qu’ils étaient juifs…

En ce début du 21ième siècle ; les Etats du Moyen Orient seraient bien inspirés de mettre la priorité de leur politique sur une réelle justice avant qu’un ouragan dévastateur n’embrase la totalité de la région. Par ailleurs l’Europe, l’Asie et les Amériques ne sont pas à l’abri des retombées de l’accumulation des injustices dont ils se sont rendus coupables ou complices. Nul ne peut se garantir d’une possible exportation d’actes terroristes…ou pire encore, de la gangrène intérieure conduisant à la guerre de chacun contre tous.

L’Histoire nous montre que la violence potentielle, conjuguée à une idéologie d’exclusion ou à un fanatisme quelconque est plus contagieuse que la peste, le choléra, le sida et le virus Ebola réunis.

Ce ne sera pas avec « la vieille recette » de la loi du talion « œil pour œil et dent pour dent » qu’une solution pacifique durable sera trouvée dans les relations entre les peuples, comme dans la relation avec soi-même. Ce ne sera pas non plus dans le surarmement individuel et collectif que la justice et la paix pourront être garantis. A cet instant de la réflexion, nous ne pouvons que constater, tristement, la faillite et la totale incapacité des systèmes religieux dans l’instauration d’une juste paix fondée sur le respect et l’amour du prochain. 

 La question essentielle est : Voulons-nous vraiment la paix ? Sommes-nous prêts à payer le prix de la justice ?

La paix a ses racines dans la plus profonde intimité de la personne. Avant de pouvoir règner sur les Nations et sur le Monde, elle doit naitre dans l'individu, puis s'étendre aux relations de proximité, à la famille, au voisinage. 

Il convient alors de devenir et d'incarner le changement que nous voulons voir dans le monde... C'est le sens profond de notre action de conscientisation avec le support de l'éducation, de la formation et du yoga. 

Retenons, pour clore ce texte, que la justice est l’une des composantes de l’éthique pratique, celle-ci est compatible avec la plus haute spiritualité universelle. L’éthique s’exprime :            

-Par une  interrogation permanente sur les valeurs, elle  se réfère  à la pensée juste.

-Par une confrontation entre les différents discours, en relation avec la parole juste.

-Par  une réflexion sur  les comportements, ceux-ci  correspondent à l’action juste.